Amr Moussa critique le conseil de sécurité
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Le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, a critiqué hier à son arrivée à Beyrouth l’incapacité du Conseil de sécurité de l’ONU à mettre fin aux hostilités entre Israël et le Hezbollah et a accusé les « grandes puissances » de faire obstacle au cessez-le-feu.
M. Moussa est arrivé en soirée au Liban où il doit présider aujourd’hui une réunion extraordinaire des ministres arabes des Affaires étrangères, au cours de laquelle le chef de la diplomatie saoudienne, Saoud el-Fayçal, doit notamment réclamer la tenue d’un sommet arabe extraordinaire consacré au Liban, a-t-on indiqué de source politique informée.
M. Moussa est arrivé à l’aéroport de Beyrouth à bord d’un avion militaire jordanien venant de Amman. Il s’est entretenu avec le président du Parlement, Nabih Berry, le chef du gouvernement, Fouad Siniora, et le ministre des Affaires étrangères, Faouzi Salloukh.
« Nous sommes surpris de voir les grandes puissances faire des obstructions au cessez-le-feu », a-t-il déclaré après une rencontre avec le président Berry. Il a également critiqué le Conseil de sécurité pour « ne pas avoir assumé ses responsabilités (...), ce qui a fait capoter le cessez-le-feu ».
M. Moussa a affirmé que la réunion arabe allait soutenir le plan en sept points établi par le chef du gouvernement, Fouad Siniora, pour mettre fin à l’offensive israélienne contre le Liban. « Les pays arabes vont appuyer la partie libanaise. Nous (...) travaillons pour asseoir la position exprimée par le Liban », a-t-il ajouté après un entretien avec M. Salloukh.
« Le projet de résolution américano-français n’est pas conforme aux sept points du programme mis au point par les Libanais », a-t-il estimé.
M. Moussa a en outre demandé en soirée au secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, un amendement du projet de résolution franco-américain, qui tienne compte des observations libanaises, lors d’un entretien téléphonique avec le responsable onusien. Il a réclamé que le texte amendé exige le retrait immédiat des forces israéliennes, après la cessation des hostilités, et que le secteur des fermes de Chebaa soit placé sous juridiction de l’ONU.
Avant de prendre l’avion pour Beyrouth, M. Moussa avait multiplié les contacts diplomatiques au sujet du Liban. Il s’est rendu à Damas pour un entretien avec le président Bachar el-Assad axé sur « l’agression israélienne continue et les moyens de soutenir le Liban », selon SANA.
Les deux hommes ont également discuté de la réunion ministérielle de la Ligue arabe et des « contacts entrepris aux niveaux arabe et international pour un cessez-le-feu ».
La veille, samedi, M. Moussa s’était entretenu du Liban avec le roi Abdallah d’Arabie. Le souverain wahhabite et son hôte ont passé en revue « les efforts déployés pour arrêter l’agression israélienne contre le Liban et les territoires arabes occupés », a indiqué l’agence de presse saoudienne officielle SPA.
L’Arabie saoudite a réaffirmé son « appui au Liban et à la légitimité libanaise », en soulignant que « le problème libanais était une partie indissociable de la situation arabe en général ».
« Une position arabe claire, forte et unie est nécessaire pour mettre fin à la crise et pour faire face à l’agression israélienne », ont affirmé le roi Abdallah et M. Moussa durant leur entretien, selon l’agence.
Le roi Abdallah s’est déclaré convaincu que la réunion extraordinaire des ministres des Affaires étrangères arabes aboutira à une telle position.