Liban décu de la résolution.
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Le projet de résolution franco-américain, présenté samedi au Conseil de sécurité, a été bien accueilli en Israël, beaucoup moins bien au Liban. Le gouvernement israélien n'a pas réagi officiellement après avoir pris connaissance du texte et le Premier ministre Ehud Olmert a invité les membres de son cabinet à la discrétion tant que le projet n'est pas finalisé, a-t-on appris dimanche de sources politiques. "Nous allons évidemment nous conformer à la résolution", a toutefois déclaré un haut fonctionnaire qui souhaite rester anonyme, trahissant la satisfaction des autorités. La presse israélienne note quant à elle que le projet de résolution autorise Tsahal à riposter aux agressions du Hezbollah après l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu et à maintenir les 10.000 hommes déployés au Sud-Liban. "Nous avons obtenu ce que nous voulions. La résolution signifie qu'il n'y a pas de trou noir ou de latence. Israël ne se retirera qu'après avoir été remplacé", se félicite un autre responsable politique cité par le Yedioth Ahronoth, tandis qu'Alex Fishman, journaliste du grand quotidien, fait le constat inverse. "L'accord de cessez-le-feu franco-américain contient trop de lacunes qui risquent d'entretenir les tensions dans le nord", écrit-il. "TOUS LES DROITS À ISRAËL ET RIEN AUX LIBANAIS" De source politique, on indique que les autorités débattent de la notion de mesures défensives et considèrent qu'elle justifierait l'attaque de convois soupçonnés de transporter des armes à destination du Hezbollah. A Beyrouth, Nabih Berri, président du parlement et chef de file de la formation chiite Amal, a en revanche rejeté le projet de résolution, affirmant s'exprimer au nom de son pays. Il a notamment déploré le fait qu'elle ignore le plan en sept points présenté par le gouvernement libanais qui, outre un cessez-le-feu immédiat, réclame le retrait des forces israéliennes et le retour de tous les civils déplacés. "Le Liban - tout le Liban - rejette toute résolution sortant du cadre de ces sept points", a-t-il lancé lors d'une conférence de presse. Le même état d'esprit semble régner dans les rues de la capitale, dont les habitants estiment que le Liban se trouve indûment sanctionné. "Je ne suis pas content de la résolution parce qu'elle donne tous les droits à Israël et rien aux Libanais. La seule solution, c'est la guerre, qu'on meure ou qu'on gagne!", s'emporte Ahmed Mehdi, employé d'une agence de tourisme âgé de 39 ans. "Le Hezbollah n'acceptera pas la résolution", assure quant à lui Saoussane Aboud, un enseignant. "Tous ça n'est qu'un mauvais feuilleton. L'Onu est un mauvais feuilleton. Nous vivons la guerre depuis 30 ans. Un cessez-le-feu ne nous apportera pas de bénéfices", poursuit-il, tandis que Yeyah Abou el Djibine, un Palestinien installé au Liban, assure qu'aucun accord négocié sans le Hezbollah ne sera viable. |