Enquête sur les attaques des civils
Israël-Liban: Louise Arbour réclame une enquête sur les attaques contre les civils
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Lors d'une session spéciale du Conseil des droits de l'homme à Genève, Louise Arbour, haut commissaire des Nations unies aux droits de l'homme a réclamé aujourd'hui une enquête de l'ONU sur les attaques contre des civils au Liban et dans le nord d'Israël.
Vendredi 11 août 2006 15:40
Agences - Le Temps
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Le Haut commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Louise Arbour, a réclamé vendredi une enquête de l'ONU sur les attaques contre des civils au Liban et dans le nord d'Israël, avertissant que les responsables pouvaient être poursuivis pour crimes de guerre.
"Il y a un besoin clair et urgent de clarifier la situation" dans ce domaine en menant un "examen systématique, indépendant, crédible et approfondi", a affirmé Louise Arbour devant une session spéciale du Conseil des droits de l'homme de l'ONU à Genève.
"Quand les obligations légales régissant la conduite des hostilités sont violées", a-t-elle averti, "la responsabilité personnelle et juridique peut être engagée, en particulier pour ceux qui occupent des postes de commandement".
"Je rappelle donc à tous les belligérants que des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité peuvent être commis même par des personnes qui croient, à tort ou à raison, que leur combat est juste et leur cause digne d'être menée", a-t-elle ajouté.
Pour Louise Arbour, "après un mois et alors que la situation empire de jour en jour, cette crise réclame de la part du Conseil une réponse ferme et significative". Elle a tenu à préciser qu'une enquête devrait couvrir aussi bien les tirs de roquettes du Hezbollah contre les villages du nord d'Israël que les bombardements israéliens.
"Les attaques israéliennes touchant des civils continuent sans relâche", a-t-elle noté, ajoutant que "c'est aussi le cas du bombardement aveugle par le Hezbollah de zones densément peuplées dans le nord d'Israël, qui a semé la mort et la destruction".
Elle a aussi fait allusion à des "allégations répétées sur l'utilisation par le Hezbollah de boucliers humains".
Depuis le début du conflit, plus de mille civils ont été tués au Liban et 38 civils ont été tués dans le nord d'Israël, selon les bilans officiels libanais et israéliens.
Amnesty International, Human Rights Watch et la Commission internationale des juristes ont également estimé que le secrétaire général de l'ONU Kofi Annan ou le Conseil de sécurité devaient ordonner une enquête.
Le Conseil des droits de l'homme a entamé ce matin une réunion spéciale consacrée au Liban, avec sur la table un projet de résolution déposé par des pays musulmans et "condamnant les opérations militaires israéliennes au Liban".
Le texte recommande "d'envoyer immédiatement une commission d'enquête de haut niveau" pour enquêter sur "le meurtre systématique de civils par Israël au Liban". Il ne fait aucune référence directe aux opérations du Hezbollah contre le nord d'Israël. Il a été déposé par l'Algérie, l'Arabie saoudite, la Tunisie, Bahrein, le Maroc, la Jordanie, le Bangladesh, l'Indonésie, la Malaisie et le Pakistan.
Le texte "condamne énergiquement les violations de droits de l'homme et les infractions au droit international humanitaire commises par Israël au Liban". Il dénonce "le bombardement massif des populations civiles libanaises", faisant référence notamment au bombardement de Cana. Il demande à Israël de "mettre immédiatement un terme aux opérations militaires contre la population et les biens civils".
L'ambassadeur israélien auprès de l'ONU, Itzhak Levanon, a accusé le Hezbollah de "cacher cyniquement" ses armes parmi la population civile. "Dans une telle situation, les victimes civiles sont inévitables", a-t-il estimé.
Il a déploré la partialité du projet de résolution, "consacré exclusivement aux souffrances d'une seule partie".
Israël ne fait pas partie des 47 pays membres du Conseil, mais peut s'exprimer devant lui en tant qu'observateur.