| |
Alors que l'armée israélienne a demandé instamment à la population libanaise de rester cloîtrée chez elle lundi à partir de 22h00 locales (19h00 GMT), l'armée libanaise a rappelé des réservistes en vue d'un éventuel déploiement dans le Sud.
Elle déploierait éventuellement 15.000 soldats dans le Sud, selon des sources politiques et sécuritaires.
Dans le même temps, les efforts diplomatiques visant à mettre fin au conflit stagnent et le Premier ministre libanais, lors d'une réunion à Beyrouth avec les ministres des Affaires étrangères des pays de la Ligue arabe, a appelé une nouvelle fois à un "cessez-le-feu rapide" et au départ immédiat des troupes israéliennes.
Au lendemain de la mort de 15 Israéliens tués par des roquettes du Hezbollah, les raids aériens israéliens au Sud-Liban et dans la plaine de Bekaa ont coûté la vie à au moins 25 personnes.
Et Israël menace d'étendre son offensive terrestre au Liban.
Tsahal a demandé à la population du Sud-Liban de rester chez elle après 22h00 locales, |
ajoutant que quiconque se déplacerait passé ce délai le ferait à ses risques et périls.
Amir Peretz, le ministre de la Défense, avait auparavant annoncé devant la Knesset avoir ordonné aux troupes israéliennes de mener "les opérations nécessaires pour prendre partout le contrôle des sites de lancement de roquettes Katioucha si, dans les jours à venir, le processus diplomatique n'aboutit pas".
Le chef du gouvernement israélien Ehud Olmert s'est d'ailleurs entretenu avec les responsables de Tsahal près de la frontière libanaise.
Parallèlement à ces préparatifs militaires, le président américain George Bush a fait part de sa volonté de parvenir le plus rapidement possible à une résolution au Conseil de sécurité de l'Onu sur la fin des hostilités.
L'exigence libanaise d'un retrait des forces israéliennes présentes sur son territoire a entraîné le report du vote sur le projet de résolution soutenu par Paris et Washington.
LES TIRS DE ROQUETTES SE POURSUIVENT
En attendant l'annonce d'un cessez-le-feu, les organisations humanitaires continuent leur travail au Liban. Mais la destruction du dernier pont sur le fleuve Litania coupé la principale voie d'acheminement de l'aide humanitaire à destination de Tyr et du Sud-Liban.
Les organisations non gouvernementales reprochent à Israël de ne pas leur donner suffisamment de garanties pour l'acheminement de l'aide vers le Sud, où il reste 22.000 personnes, soit environ un cinquième de la population y résidant avant le déclenchement du conflit.
Selon le ministre libanais de la Santé, Mohamed Khalifeh, l'offensive lancée le 12 juillet a fait à ce jour 925 morts et 75 disparus, probablement décédés, parmi la population libanaise.
De son côté, le Hezbollah a poursuivi lundi ses tirs de roquettes sur le nord d'Israël, de Tibériade à la côte méditerranéenne, blessant au moins une personne. Ces tirs de roquettes ont fait 48 morts depuis que le début des hostilités.
D'après les médias israéliens, l'aviation israélienne a abattu un drone du Hezbollah survolant le territoire de l'Etat juif. L'état-major a fait savoir qu'il procédait aux vérifications d'usage avant de commenter l'information.
Selon la chaîne de télévision Al Arabia, trois militaires israéliens ont été tués au Sud-Liban lundi. Si ces pertes étaient confirmées, elles porteraient à plus d'une soixantaine le nombre de militaires israéliens tués depuis le début de la guerre. Tsahal a reconnu lundi la mort d'un seul de ses soldats.
 Le Hezbollah a annoncé avoir perdu deux de ses membres, et 55 depuis le début du conflit. Selon un porte-parole de l'armée israélienne, ce sont 400 combattants du groupe chiite qui ont perdu la vie en 27 jours de conflit. La sécurité libanaise, elle, évalue les pertes du Hezbollah à 90 morts.
A Genève, le nouveau Conseil des droits de l'homme des Nations unies devraient se réunir prochainement en urgence, peut-être cette semaine. Les Etats de l'Organisation islamique sont à l'origine de cette réunion, dit-on de source diplomatique. |