Le député PS Gérard Bapt, vice-président du groupe d'amitié France-Liban, a suggéré samedi de traiter avec le Hezbollah via des "médiateurs aujourd'hui négligés par la France", qui pourraient être, selon lui, le général Michel Aoun ou l'ex-Premier ministre libanais Selim Hoss. "Il faut élargir le champ des interlocuteurs" face au développement de la crise au Liban, a préconisé l'élu de Haute-Garonne dans une déclaration à l'AFP. "Si on ne peut, dans la phase actuelle, traiter directement avec le Hezbollah, il faut le faire avec des médiateurs".
Il a cité deux noms qu'il a déjà évoqués jeudi lors de la réunion de la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée: le général Aoun, ancien chef de gouvernement, rentré en mai 2005 au Liban après un exil de 14 ans en France ou Selim Hoss, qui dirigea à plusieurs reprises le gouvernement libanais, "personnalité très écoutée dans le monde arabe".
Par ailleurs, "il serait opportun que le Liban manifeste son unité en formant un gouvernement de salut public où se retrouveraient tous les leaders libanais", selon le député français.
Il faut, selon M. Bapt, "cesser de désigner le Hezbollah comme un cancer présent partout au Liban, ce qui implique d'ailleurs qu'il faudrait tuer le Liban pour tuer le Hezbollah".
"La question à poser au Hezbollah est de savoir ce qu'il veut faire de ce qui est déjà présenté comme une victoire par des leaders tels Walid Jumblatt et s'il veut la mettre au service de l'Iran ou au service du Liban".
Pour M. Bapt, "il est encore possible qu'elle soit mise au service du Liban dans le cadre d'un accord de cessez-le feu".
* La photo est celle de la vallée sainte de Kadisha - Nord Liban. |