11 septembre 2006
Les 11 septembre.
Le 11 septembre 2001, date terrible dans l'histoire du monde. Est - elle la seule? malheureusement non.
Mais ce jour, triste à plus d'un titre, ne peut révéler que le malaise qui régit notre humanité. La terre tourne rond, et les humains tournent en rond.
La démocratie a perdu.
la Liberté a perdu.
La foi dans un monde meilleur a été ébranlé.
Nous ne pouvons qu'être solidaire de la mémoire collective des américains, de la souffrance de ces femmes, hommes et enfants. Que ces quelques mots puissent apporter un zeste de réconfort. Le peuples ont des obligations, nos gouvernants ont en plus des devoirs. Ont - ils été toujours à la hauteur des drames? j'en doute fort.
Le 11 septembre est une date de naissance comme il y en a d'autres dans l'année. Il se fait que dans mon entourage des petiots, mais certains adultes sont nés ce jour là. Alors je leur souhaite un bon anniversaire, tout en espérant que les plus jeunes d'entre eux, connaitront un monde meilleur.
30 août 2006
Ce blog s'enrichit
Ce blog entame sa sixième semaine. la fidelité dont il jouit m'oblige, les encouragements aussi, sa consultation et les réactions des internautes me touche.
Fidèle à mes opinions, plus à ma conscience, en électron libre, je continuerai a apporter ma contribution et mon combat contre l'injustice et pour la liberté. ici, en france, la bas au liban, et ailleurs au monde.
Un esprit éclairé, un oeil percutant, une douceur, et plus encore un certain détachement du standard de notre vie quotidienne a accepté de rejoindre ce blog et devenir mon associé intellectuelle dans cette quête vers un monde "autre". Je veux parler de "oeil de bruyère". elle donnera une note de gaieté, d'amour, d'humour et une certaine légèreté que je n'arrive pas à avoir. Je la remercie profondément d'accepter.
D'autres personnes, Joseph, ou peut etre ambre plus tard, contribueront à consolider cet édifice. Ils signeront leurs paroles, aucune entrave à leurs expressions, du moment que le racisme, la xénophobie et la tolérance est de mise. Merci
09 août 2006
La rage aux yeux *
L'éditorial de Issa GORAIEB
La rage aux yeux
Tzipi Livni, qui presse Fouad Siniora de sécher ses larmes et de commencer à agir, ferait bien de garder pour elle sa fausse compassion : laquelle n’est en réalité que très authentique cynisme, agrémenté d’une sérieuse dose de stupidité. Ces larmes-là, le gouvernement assassin dont elle fait partie était-il seulement capable de les comprendre, d’ailleurs ?
Car elles n’exprimaient pas seulement en effet la détresse des populations terrorisées, martyrisées, de Palestine et du Liban : frustes cris de douleur pure qui n’ont jamais retenu ne serait-ce que l’attention d’Israël. Elles coulaient de plus loin encore, ces larmes de rage impuissante que n’a pu réprimer le Premier ministre libanais alors qu’il s’adressait lundi au sous-sommet arabe réuni d’urgence à Beyrouth : rage contre le colossal gâchis provoqué par l’aventure et dont il faut maintenant tirer toutes les leçons, rage contre l’entreprise de destruction scientifique lancée contre le modèle libanais, rage contre les puissances qui ont laissé faire. Mais rage aussi contre les leçons d’arabisme que d’aucuns s’obstinent à administrer au pays arabe qui aura le plus donné pour la cause commune ; rage contre la collusion objective entre invasions des uns et tutelles des autres ; rage contre tous ces joueurs régionaux qui de notre pays ont fait une commode arène, et qui se jouent finalement du sang des Libanais. Pathétique, c’est bien vrai, mais à aucun moment pitoyable était cet extraordinaire Fouad Siniora que l’on voit se démener comme nul autre pour sauver le pays. Et qui, en sus de l’estime que lui portaient les Libanais, vient de s’assurer leur affection émue. Émue, eh oui, Madame Livni.
Par deux fois ce lundi-là, le chef du gouvernement s’est montré à la hauteur de l’évènement. D’une part en effet, les États arabes sont sortis de leur longue léthargie pour endosser à l’unanimité son plan en sept points pour le règlement de la crise. Depuis hier, une délégation express de la Ligue défend les amendements du projet de résolution franco-américain réclamés par Beyrouth et les exigences libanaises n’en acquièrent que plus de poids aux yeux des puissances occidentales, quand s’y associent des alliés aussi précieux que l’Égypte et l’Arabie saoudite. De son côté, la Russie, hier encore favorable au projet franco-US, s’est ravisée de la plus explicite des manières.
Mais c’est surtout la décision du Conseil des ministres, adoptée à l’unanimité elle aussi, de déployer 15 000 hommes de troupe au Liban-Sud qui a fait sensation, et qui fera date. Fait politique très important, a aussitôt réagi la France. Intéressant, a commenté la Maison-Blanche, faisant écho à Ehud Olmert. Ce qui, pour nous Libanais, est intéressant, c’est précisément... tout cet intérêt que suscite, à juste titre, une initiative étatique intelligente, sensée, responsable, et que l’on attendait depuis des années. Fallait-il donc absolument la ruine du Liban pour que l’on y vienne enfin ?
Depuis la fin des années soixante, depuis que l’État n’est plus maître du Sud, le pays a noué avec une cascade de malheurs, de guerres civiles, de guerres tout court, d’invasions. Cette vocation suicidaire, on s’est ingénié à la perpétuer après la miraculeuse libération de l’an 2000, ce qui ne rendait la démarche que plus impardonnable encore. Par inconscience, par faux calcul ou bien au nom d’une solidarité avec la Syrie qui jamais n’a été payée de retour, on a placé le pays sur une trajectoire menant inévitablement, tôt ou tard, à la catastrophe. On a décrété qu’un État libanais cédant le Sud à la Résistance, un État reniant ses responsabilités envers le sol et les gens, un État démissionnaire était un État normal. Et à cette fin, on a usé des arguments les plus insensés, des inepties du genre : la force étatique est bel et bien présente là-bas, même si elle ne se fait pas trop voyante ; dépêcher l’armée à la frontière, ce serait protéger la sécurité de l’ennemi ; en situation de guerre, la place de l’armée c’est l’arrière. Et l’on en passe...
L’armée volontaire enfin pour le Sud, où elle devra nécessairement être assistée d’une force de l’ONU, c’est là un de ces signes de maturité que finissent par commander les grandes douleurs. Le monde ne s’y est pas trompé qui, à l’évidence, en tient sérieusement compte, même si cela doit retarder le vote salvateur à l’ONU et prolonger d’autant les souffrances que nous inflige la barbarie israélienne. Ne nous y trompons pas nous-mêmes, et par-dessus cessons de nous tromper les uns les autres. Le pays a largement payé son écot et le temps n’est définitivement plus aux unanimités de façade, aux consensus purement tactiques, régulièrement remis en question.
Issa GORAIEB
02 août 2006
La mare aux requins.
L'éditorial de Issa GORAIEB
La mare aux requins - Lorient le Jour 02-08-2006
Ah, qu’en termes diplomatiques il faut parfois que certaines choses soient dites ! Nombreux, sans doute, sont ceux qui ont sursauté – ou simplement souri – en entendant Philippe Douste-Blazy évoquer, lundi à Beyrouth, « le rôle important de stabilisation » que joue l’Iran dans cette partie du monde. Tout le monde aura compris néanmoins qu’en créditant d’office la remuante, l’agissante République islamique d’un rôle aussi constructif, le chef du Quai d’Orsay, qui a rencontré en soirée son homologue iranien Mottaki, de passage lui aussi à Beyrouth, ne faisait que presser celle-ci d’user – dans le bon sens, cette fois – de sa considérable influence pour ramener la paix au Liban. Pour piquante qu’ait été la petite phrase de Douste-Blazy, elle n’était rien d’autre en réalité qu’un souhait. Un vœu pieux.
Naïve alors, la France ? Non, réaliste. Elle se rend parfaitement compte en effet, la France, que le salut du Liban commande en priorité que s’arrête de tourner la machine de destruction et de mort ; du fait des réserves essentiellement britanniques toutefois, elle n’a été suivie qu’à demi par l’Union européenne, qui a lancé un appel passablement alambiqué à une fin immédiate des hostilités débouchant, à son tour, sur un cessez-le-feu durable. Elle a le bon sens de croire en outre, la France, qu’il est illusoire de tenter d’amener le Hezbollah à composition si l’on ne dialogue pas avec son puissant parrain : lequel parrain fait feu de tout bois – de bon cèdre, en l’occurrence – pour forcer son entrée au sein du club nucléaire malgré l’avertissement, assorti de menaces de sanctions, que viennent de lui adresser les Nations unies.
Instruit par le catastrophique précédent de 1983, Paris est convaincu, de même, qu’il serait inutile – pire, dangereux – de déployer une force internationale au Liban sans un règlement préalable auquel auraient souscrit toutes les parties au conflit, visibles et moins visibles. Or, quel règlement peut-il être possible sans que chacun y trouve son compte ? C’est forcément, quelque part, donnant, donnant : ignorer une fois de plus cette cynique mais incontournable règle de base, n’est-ce pas tenter le diable une fois de plus, n’est-ce pas courir au-devant de nouvelles et graves secousses, d’attentats-suicide tels ceux qui avaient provoqué la débandade de la première multinationale ?
Otage d’une cruelle géopolitique, ce petit pays est entouré de requins qui ne dédaignent pas, à l’occasion, de s’acharner en même temps, chacun à sa manière, sur la même proie. Pour l’État juif, le Liban est l’antithèse par excellence, la formule à abattre, mais qui a été réaffirmée avec force à la faveur des assises islamo-chrétiennes d’hier à Bkerké ; en vidant systématiquement le sud du pays de sa population, c’est à faire imploser le reste du pays qu’œuvre en effet l’ennemi, sous prétexte de garantir la sécurité de la Galilée. La Syrie ne s’est jamais remise, elle, de son départ forcé du Liban, et rêve d’y reprendre pied en se faufilant derrière le colosse iranien. Lequel Iran n’est véritablement installé, carré dans son statut de géant redouté jusqu’à l’obsession des États arabes de la région, que depuis l’expédition américaine en Irak, le renversement de la dictature de Saddam Hussein et la sanglante anarchie, le terrorisme et la guerre civile larvée infligés à ce malheureux pays.
31 juillet 2006
La revanche des martyrs
L'éditorial de Issa GORAIEB
La revanche des martyr
C’est sur ces mêmes lieux, aiment à croire les Libanais, que le Christ, convié à une noce, changea l’eau en vin. Par deux fois ces dix dernières années, c’est à des noces de sang qu’aura été vouée toutefois la localité martyre de Cana.
À deux reprises en effet Israël, dans de criminels accès de folie, y a impitoyablement écrasé sous les bombes des dizaines de civils innocents, dont de nombreux femmes et enfants. Aveuglé par la haine, il prétendait punir, intimider, épouvanter, terroriser, briser les volontés, à commencer par celle de vivre obstinément accroché à sa terre. Israël aspirait par-dessus tout à diviser, à instiller par le fer et le feu le venin du doute et de la désunion face à cette guerre que les Libanais n’ont jamais voulue. Mais tout ce que réussit à faire tant de sauvagerie, c’est de réunir au contraire. De ré-unir plus exactement ; de faire taire toutes les réserves, objections ou contestations que suscitait la poursuite sine die de la Résistance armée ; d’associer les Libanais, toutes croyances et tendances confondues, dans une même dénonciation de la barbarie. Dans son délire meurtrier, Israël se serait-il donc mis en tête de faire de tous les Libanais des hezbollahis ?
Impuissant depuis plus de deux semaines à imposer sa solution, c’est à tuer tout espoir de solution qu’œuvre, à l’évidence, un Ehud Olmert se disant pas pressé de faire taire le canon. Le Hezbollah faisait sensation, à la fin de la semaine dernière, en se ralliant au plan en sept points de Fouad Siniora, et même Washington n’a pu que saluer ce développement positif. Or la boucherie d’hier, dans son atrocité, est une invite on ne peut plus explicite à une escalade de la violence, à des tirs de missiles qui pourraient atteindre cette fois Tel-Aviv. Elle commandait, en tout cas, le refus des dirigeants libanais de recevoir, dans un tel climat de douleur et de colère, la secrétaire d’État américaine.
Le singulier prodige de Cana ne s’arrête peut-être pas là, cependant. En avril 1996, c’est un vin bien aigre que tira Israël de l’opération Raisins de la colère. Le bombardement systématique des hangars de l’ONU où avaient cherché refuge les habitants souleva un tel tollé de protestations dans le monde et en Israël même qu’il provoqua la chute du gouvernement de Shimon Peres. Auparavant déjà, la sanglante bavure de Sabra-Chatila, dont Israël assumait la responsabilité pour le moins morale, avait emporté le tandem Begin-Sharon. À leur tour, Olmert et ses acolytes ne sont pas à l’abri d’un tel retour de bâton, lequel serait en quelque sorte la revanche posthume des martyrs.
Car d’avoir appelé les habitants de Cana à se désenraciner de leur maigre sol, à aller grossir les longues files de déplacés et de réfugiés ne dédouane en rien l’agresseur, ne saurait le soustraire à l’accusation infamante de crime contre l’enfance et l’humanité qui lui colle désormais à la peau. Horrible, inqualifiable, injustifiable, choquant : c’est le même jugement sans appel, d’ailleurs, que la planète tout entière, ou presque, a prononcé. Hier même une première brèche est apparue dans le soutien inconditionnel qu’ont apporté les États-Unis à l’aventureuse expédition israélienne, quand Condoleezza Rice a fait part de son mécontentement à Ehud Olmert, quand elle a enfin constaté qu’il était temps de parvenir à un cessez-le-feu. À Londres, Tony Blair a de plus en plus de mal à endiguer la fronde qui s’est déclarée au sein de son propre cabinet. Mais surtout, il n’est plus exclu que l’opinion publique israélienne, tenue pour définitivement acquise par les sondages, en vienne à contester le bien-fondé d’une guerre longue, improductive et sale.
Davantage que sur le terrain gorgé du sang des innocents, c’est au Conseil de sécurité de l’ONU, réuni d’urgence dès hier à la double demande de Kofi Annan et du Liban, que va se jouer l’issue de cette guerre en tous points démente. Ce n’est pas l’effet du hasard si le salut se présente sous la forme d’un projet de résolution français. Profondément divisées sur l’Irak, l’Amérique et l’Europe s’étaient retrouvées en 2004-2005 sur le Liban. Et c’est pour exorciser le spectre d’un Irak libanais que les diplomates montent en première ligne.
Issa GORAIEB
29 juillet 2006
Sale guerre + 15j
La deuxième semaine de la guerre au Liban vient de s'achever avec son lot de misères, de peurs, de destructions et de tragédies humaines. Sans compter le nombre croissant des déplacés qui atteint les 800.000 personnes.
Les prémices d'une solution pointe à l'horizon.
Le Président américain s'est dit troublé par l'ampleur des destructions causées par Israel au Liban.
Tony Blair se précipite à Washington pour en discuter avec le Président américain.
"Nous sommes tombés d'accord sur le fait qu'une force multinationale doit être déployée rapidement au Liban pour renforcer l'armée libanaise lorsqu'elle se déploiera dans le sud de ce pays", a déclaré George W. Bush, au cours d'une conférence de presse commune avec Tony Blair, vendredi 28 juillet à Washington.
Le cabinet interministériel israélien qui s'est réuni avant hier devait discuté officieusement de la restitution des fermes de Chebaa. Mais les difficultés terrestres de Tsahal et la mort de 8 soldats israéliens, morts que je déplore car je les considère comme innocents, en a fait autrement et c'est une décision d'amplification des bombardements aériens qui a été prise. Le pourcentage de partisans de la poursuite des opérations militaires jusqu'à l'éviction des activistes de la zone frontalière est tombé de 90% à 82% en une semaine, des voix commencent à se faire entendre en Israel, concernant les capacités militaires de Tsahal. L'éditorialiste de Haaretz Yoel Marcus ironisait en écrivant "notre illustre armée, une des mieux équipées au monde avec sa force de dissuasion nucléaire, ses avions de combat qui peuvent atteindre Téhéran et revenir, ses drones et ses missiles guidés par laser, s'est fait prendre à deux reprises avec le pantalon baissé". Les enjeux de cette guerre deviennent clairs, Israel n'a pas d'autre choix que de déruire à tout prix le Hezbollah.
Tout ceci peut faire craindre une troisième semaine qui annonce la tempête avant l'accalmie.
Le gouvernement libanais est prêt à la négociation aprés le ralliement de tous les ministres, y compris ceux du hezbollah.
Quant à Al Quaida, personne au Liban n'en veut, ce qui est une excellente chose.
Dans ces conditions le conseil de sécurité discutera trés rapidement de la composition de la force multinationale d'interposition.
Un cessez le feu sera proclamé, une zone tampon sera instaurée au sud sur probablement 20 kms, un échange des 3 soldats contre la libération des prisonniers libanais et israéliens ainsi que la restitution des fermes de chebaa qui seront sous controle onusien dans un premier temps avant de décider définitivement a quel pays doivent elle revenir. Le hezbollah déposera les armes, par un processus interne et progressivement, ses combattants intégreront, pour ceux qui le désirent, l'armée libanaise.
L'Etat d'srael peut se targuer d'avoir pousser le Hezbollah a déposer les armes, le Hezbollah criera victoire, il a défendu le Liban, tenu tête à une armée puissante, obtenu la libération des fermes de chebaa.
La phase de la reconstruction commencera avec le concours des garandes puissances, dont le silence était lâche, hormis la France et quelques autres pays européens. Quant aux familles brisées, aux orphelins ils pleureront en silence.
Décidemment le chemin de la paix est souvent tracé par du rouge sang.
20 juillet 2006
Fautes de guerre *
« Vingt ans en arrière ! » Dans cette sinistre promesse que nous ont faite, d’emblée, les chefs de guerre israéliens, il y a toute l’exaspération, la hargne, la rage que suscite notre petit pays surmontant l’un après l’autre tous les coups du sort, et obstiné à construire et reconstruire, sans cesse, son modèle. Car ce n’est pas le Hezbollah, mais le Liban tout entier, dans sa population civile comme ses infrastructures vitales, qui est l’objet en ce moment de la furie israélienne, laquelle n’épargne ni les ambulances ni les hôpitaux, pas plus que les usines de produits alimentaires et les convois de vivres. Et c’est le comble de l’absurde que l’on atteint avec le matraquage de cette même armée régulière, dont on attend pourtant qu’elle prenne en charge un jour la région frontalière : force internationale ou non, c’est un outil essentiel de toute stabilité future que l’on est en train de démonter systématiquement. À quelle fin ?
L’Administration Bush a fait ses preuves de manière on ne peut plus éloquente, comme on sait, en Irak. Et ses équipées antérieures en terre libanaise ont déjà illustré une méconnaissance des réalités absolument stupéfiante, de la part d’un État aussi bien rodé à la guerre qu’Israël. Ce n’est pas en mettant à l’épreuve le culte du sacrifice inhérent à la communauté chiite que l’on peut, l’espace d’une campagne militaire,dresser celle-ci contre le Hezbollah. Ce n’est pas en faisant de la banlieue sud de Beyrouth un paysage lunaire, un Nasrallahgrad, que l’on vient à bout de la véritable adulation que vouent au chef de la Résistance islamique les foules palestiniennes orphelines de leurs héros historiques. Ce n’est pas en faisant de Fouad Siniora le maire en larmes d’un pays sinistré que l’on soutient dans les faits cette démocratie libanaise qu’évoquait encore hier George Bush, qu’on lui épargne la honte et la calamité de retomber dans les griffes du voisin syrien.
Ce n’est pas en le cassant purement et simplement que l’on peut régler la complexe question du Liban.
*http://www.lorientlejour.com/page.aspx?page=article&id=1000060719
Editorial de Issa Goraieb - L'orient le jour du mercredi 19 juillet